[Cinéma] Mad Max – Fury Road

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Présenté hors compétition pour l’ouverture du festival de Cannes, le très attendu Mad Max – Fury Road, annoncé comme la dernière œuvre en date de l’autoproclamé réalisateur « visionnaire » George Miller, est désormais en salles.

Max Rockatansky est un ex policier qui sillonne solitairement les routes d’un monde qui se déchire pour le contrôle de l’essence et de l’eau, ressources les plus rares sur terre. Capturé et mis en Esclavage par Immortam Joe, un chef de territoire sanguinaire, Max va devoir aider malgré lui un groupe de femmes à s’échapper de l’emprise du tyran.

Mad Max – Fury Road rempli absolument toutes les attentes qu’il a suscité, très proche du 2ème opus, ce nouveau volet se montre d’une violence aussi jouissive qu’esthétique sur le plan visuel et sonore.

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George Miller nous revient donc 36 ans après le début de la folie de Max, et exactement 30 ans après sa dernière aventure « au delà du dôme du tonnerre »

Le monde à continué à se dégrader, et les survivants vivent en communautés régies par des chefs de guerre tel que Immortan Joe, qui en contrôlant l’eau de la zone et gérant des raids pour récupérer carburant et munitions, est le leader de « la citadelle », un des quelques lieux encore habités. Dans cette société tyrannique ou le peuple se meurt, l’imperator Furiosa, lieutenant d’Immortam Joe décide de libérer les « épouses pondeuses » du tyran, des femmes esclaves lui servant de mères porteuses, en détournant un  de ses convois. S’ensuivra une course poursuite monstrueuse ou les différents gangs de cannibales et de motards s’affronteront pour reprendre le contrôle de la cargaison et récupérer les précieuses femmes, entrainant une fois de plus Max, esclave d’un des soldats, dans une aventure dont il se serait bien passé.

FURY ROAD

Le film se révèle aussi furieux qu’annoncé, et c’est un déchainement de violence esthétique et mécanique que Max affronte à l’écran. Tourné entièrement dans le désert de Namibie, les décors incroyablement épurées contrastent avec la complexité mécanique des gangs du désert. Un travail monstrueux a été effectué sur les bolides du film, qui se révèlent être les principaux protagonistes de ce nouvel opus. L’esthétique des personnages est également très développée, qu’il s’agisse des différents leaders, ou de leurs disciples, la frontière entre humanité, monstruosité et mécanique n’a jamais été aussi faible, et l’aspect science-fiction du film ne touche désormais plus seulement la Terre, mais également ses habitants.

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Dans sa globalité le film est très beau, techniquement relativement appréciable, et nous sert des paysages fascinants Certains plans, malgré le caractère glauque et oppressant de l’univers, et la théorique monotonie des paysages désertiques se révèlent magnifique à leur manière, comme la traversée des marais au petit matin.

Les acteurs incarnent tous autant qu’ils sont, la folie à l’état pur, Tom Hardy qui reprend le rôle titre et joue à merveille le taciturne Max, malgré l’héritage de Mel Gibson, s’en sort plutôt bien même s’il est en demi-teinte par rapport à ses partenaires de route. Charlize Theron est incroyable dans son rôle de Furiosa personnage typique de l’univers transposé dans une femme de caractère, une véritable guerrière qui vole d’ailleurs la vedette à Tom Hardy. Nicholas Hoult que j’apprécie depuis ses début dans Skins à décidément beaucoup de ressources, et le rendue autant visuel que mental de la folie de son Warboy est incroyable! Les épouses emmenées par la « Splendid » Rosie Huntington-Whiteley, et la farouche Zoe Kravitz font parenthèse de candeur et de beauté dans ce monde déréglé, comme l’espoir qu’elles transportent.

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La bande son se montre forcément rétro-agressive, avec notamment une reprise la chevauchée des valkyries qui hante la poursuite principale, menée par un guitariste et des percussionnistes montés sur roues (véritables personnages du film, qui rythment follement la course), le tout mêlé aux sons de l’électrisants Junkie XL, parfaitement en accord avec l’esthétique du film.

Coté scénario le film aurait aussi bien pu s’intitulé « Histoire d’un aller et retour » mais l’idée était, semble-t-il prise. Le synopsis n’est qu’un prétexte à l’explosion visuelle et sonore qui attend le spectateur. Max, capturé et utilisé comme banque de sang pour un guerrier, enchainé à celui-ci, se retrouvera exposé en ornement d’un véhicule de guerre et devra suivre son « maitre » dans la poursuite de Furiosa.

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Cependant l’histoire sert les sous-idées qui sont fort bien exploitées et pas si anachronique que cela :

Mad Max est avant tout, et comme à son origine en 1979 un film critique, traumatisé du (1er) choc pétrolier, et des diverses pensées écologiques de l’époque. Une manière assez ironique de courir après la ressource devenue la plus rare tout en en dépensant bien plus que raisonnables au volant de monstres des années 1970, véritables gouffres à carburant. Postulat de départ du 1er film, le constat reste très actuel et ne désoriente pas dans ce film de 2015. S’y ajoute d’autres problématique, comme la détention des richesses par la population selon la loi des 20-80, les systèmes de reproduction à l’intérieur de castes, ou encore, et surtout, le placement de femmes en tant que personnages principaux, magnifiquement placées ici, sans arrière goût macho, misogyne ou dérive féministe* : comme tout le reste du film, le sous-entendu est froid, implacable, mais brillant.

Le film est également intelligent dans son rapport à la violence, qu’il suggère de manière très crue, mais ne dévoile que très rarement à l’écran. Le combat se faisant finalement bien plus entre le métal et le sable qu’entre la chaire et les os. Si le film est classé « tout public avec avertissement », l’interdiction au moins de 12 ans n’a pas du passer très loin. J’avoue attendre, personnellement, une sortie en Blu-Ray dans une version non-censurée, mais cela enlèverais peut-être un peu de l’essence (sic) même du film… dilemme…

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Reste qu’il s’agit donc de la résurrection réussie d’une saga culte des années 80, fondatrice du genre post-apocalyptique au cinéma (tel qu’il apparait : désertique et dénué d’humanité).

Un blockbuster aussi défoulant qu’intelligent et atypique, à ne pas manquer sous aucun prétexte !

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En bref : Mad Max (4) Fury Road

De : George Miller

Avec : Tom Hardy, Charlize Theron, Nicholas Hoult,

Sortie le : 13/05/2015 Science-Fiction

* Si la place des femmes dans ce film est enfin celle de l’égale des hommes, voire même supérieure, cela ne serait-il pas en réponse à la crainte du débat actuel féministe très pertinent mais un peu trop agrémenté à toutes les sauces, selon un effet de mode quelque peu détestable ?

Je ferai prochainement un billet consacré à un coup de gueule sur ces polémiques usantes et [la plupart du temps] sans fondement.

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Une réflexion sur “[Cinéma] Mad Max – Fury Road

  1. […] incroyable, en évoluant dans un univers visuel et sonore très proche de l’excellentissime Fury Road, mais qui souffre d’une terriblement ennuyeuse redondance. A essayer pour une trentaine […]

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