[Cinéma] Comment c’est loin

comment-cest-loinAlors que la déferlante Star Wars continue à battre son plein, j’ai profité de mon mardi soir pour aller me poser tranquillement dans le fauteuil bien confortable d’une salle semi-vide ou se jouait … Comment c’est loin, film semi-autobiographique écrit par le rappeur Orelsan.

Comment c’est loin traine le quotidien de deux trentenaire désabusés et rêveurs finalement pas si à côté de la plaque que ça. Le film procure une très étrange sensation entre gueule de bois et bouffée d’air pur, bonne pioche pour cet ovni de la comédie musicale.

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Aurélien est gardien de nuit dans un immeuble de Caen. Avec son pote Guillaume, il forme le duo des Casseurs Flowters : Orel & Gringe, deux rappeurs qui, après s’être fait repérés lors d’une impro à la radio, n’ont finalement jamais réussi à boucler un morceau en 5 ans.

Orel passe son temps entre son boulot, sa copine d’un autre monde et l’alcool alors que Gringe lui, navigue entre les prostituées, les plans d’un soir, et essaye d’éviter sa copine.

Sur le point d’être lâchés par leur producteur, les deux trentenaires désabusés n’ont plus que 24h pour écrire un texte, ou abandonner définitivement la musique. Entre leur médiocrité et leur flemmardise, ils vont donc devoir trainer ce qu’il leur reste de talents.

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Ainsi on assiste à une sorte de biopic romancé des débuts d’Orelsan et de Gringe, les Casseurs Flowters alias Aurélien Cotentin et Guillaume Tranchant.

Le fait que les acteurs principaux et secondaires jouent plus ou moins leur propre rôle rend le film très intimiste et touchant.

Le pitch nous pose donc à Caen ou l’on assiste entre 2 morceaux à des scènes de vies finalement pas si étrangères de nos réelles habitudes de procrastinateurs.

Une vrai attention a été apportée au rythme du film volontairement posé (pour ne pas dire lent selon moi) à l’image du flow d’Orelsan lorsqu’il ne rap pas. Ce choix se retrouve également dans le choix de la localisation de l’action puisqu’en plus d’être la ville d’Origine d’Orelsan, Caen offre une philosophie de vie bien différente de celle que l’on aurait pu retrouver si le film s’était déroulé en plein cœur de Paris.

Si le film se veut avant tout comme une comédie, il maintient tout de même un coté drama très présent tout au long du film, et les sujets biens que traités avec légèreté ne font pas toujours sourire. Le malaise n’est jamais loin pour les personnages, bien qu’une vanne bien placé d’Orelsan fini toujours par détendre l’atmosphère de manière plus ou moins graveleuse, mais toujours bien amené.

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Coté image pas grand-chose à dire, les paysages urbains de Normandie collent assez bien au ton finalement très mélancolique de cette comédie, si aucun défaut n’est relevé sur cette partie, elle ne brille pas non plus par son originalité, il faut dire que le film ne s’y prête pas et préfère se concentrer sur les dialogues, les situations et la bande son : ses véritables forces, et c’est tout à son honneur.

Le casting est pour le moins atypique puisque la grande majorité des rôles sont tenus par la famille et les amis d’Orelsan et de Gringe, par des acteurs tout à fait amateurs donc.

En l’état il est alors difficile de juger de leur performance ou de les citer, mais il faut tout de même reconnaitre que non seulement personne ne joue mal ou ne sur-joue, mais en plus l’ensemble fonctionne très bien et reste cohérent.

La galerie de personnage est donc assez haute en couleur, et les deux artistes évoluent entre un patron raciste au bord du burn-out, une belle famille bourgeoise et hautaine et des potes complètements à côté de la plaque.

Mention spéciale à la grand-mère d’Orelsan qui joue son propre rôle dans une scène clé du film.

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J’ai la fâcheuse tendance à oublier les bandes-son des films… mais étonnement (bonne blague) ici non seulement je m’en souviens mais en plus elle m’a bien marqué.

Réalisé par Skread, compositeur du groupe, les instrus sont entrecoupés de morceaux issus pour partie de « l’ancien » album, et pour le reste sont des compositions originales regroupées sur un nouvel album sorti le même jour que le film.

Tout ce qu’il faut en retenir c’est qu’il s’agit d’une tuerie qui vaut la peine d’être écoutée et réécoutée en boucle.

Le rap des deux compères est à la musique ce que l’absurde est au théâtre et histoire de nous mettre dans le bain, le film débute directement sur le tournage halluciné et assez chaotique du clip de « stupide stupide stupide », on a également droit, entre autre à un remix toujours aussi drôle et incohérent de « 2 connards dans un abribus » sans oublier, pour les morceaux plus profonds, la tête de gondole du film : l’excellente « à l’heure où j’me couche ».

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Un des bon-point du film (pour ceux connaissant un minimum le duo, tout du moins) se trouve dans les très nombreux clins d’œil à l’univers musical des Casseurs Flowters et à leurs sources d’inspiration et de référence (Inception bonjour), outre les dialogues anodins en apparence, qui sont des références constantes aux divers morceaux des albums, l’affichage de l’heure défilant et les rapprochant de l’ultimatum fait également parti des titres des morceaux.

Bien qu’il s’agisse certes d’une comédie, je recommanderai tout de même de connaitre un minimum l’univers des 2 rappeurs avant de s’aventurer dans la salle noire. Effectivement si le film s’adresse finalement à un public très large, sans restriction de génération, l’humour, les thèmes et la manière dont ils sont abordés en font un produit très atypique. Ce mélange qui fait toute la force du film, ne correspondra pas aux attentes de tous et ne plaira pas forcément.

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Au final Comment c’est loin se révèle être une très bonne surprise. Si je savais d’avance que j’allais aimer le film, je ne m’attendais pas à quelque chose de mémorable, mais c’est un vrai coup de cœur. On s’identifie aussi bien aux personnages qu’au propos général du film, et on passe un très bon moment, prolongeable en se procurant l’excellente BO.

En bref :

Comment c’est loin

De : Orelsan, Christophe Offenstein,

Avec : Orelsan, Gringe, Skread…

Sortie le 09/12/2015

Comédie, comédie musicale, drame

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7 réflexions sur “[Cinéma] Comment c’est loin

  1. Tu me donnes envie de le voir !
    Bisous !

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  2. Je suis pas spécialement fan d’orelsan, mais j’aime vraiment bien la zic du film depuis que j’ai vu la bande annonce. Du coup, ça me tente bien… et encore plus maintenant que j’ai lu ton avis 🙂

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    • Ahah 🙂 alors je te le conseil ! Je ne sais pas trop quoi te dire sans me répéter, mais le film est vraiment cool.
      Je me disais que le voire au ciné ne valait pas le coup, et finalement si !
      Les musiques de cet album/film sont un peu différentes de l’ancien album.

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  3. Je suis Orelsan depuis ses débuts et j’ai trouvé que le film était fidèle à son tempérament. J’ai plutôt bien aimé! Belle critique, merci et bonne année!

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  4. Passant un peu sur les blogs avec l’hashtag cinéma je suis tombé sur ta critique et aimant assez les casseurs flowters, j’ai quand même hésité à le regarder… Là tu me donnes envie d’un coup. Donc je pense que je vais m’y coller ce week-end

    Merci de ton feedback et à bientot !

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