[Blu-Ray] The Fourth Phase

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Amis lecteurs, je vous présente aujourd’hui un film atypique, différent de ce que l’on trouve habituellement en Blu-Ray ou au cinéma. Effectivement je vais m’attaquer au documentaire sportif, mais pas à n’importe lequel.

Je sens déjà les quelques rares lecteurs que je possède déserter cette page, mais attendez ! Moi aussi quand j’entendais le terme de « documentaire », ou de « film de sport » je sentais l’ennui pointer le bout de son nez, mais ça c’était avant. C’était avant l’extraordinaire The Art of Flight sorti en 2011, porté par les moyens et la technique de Red Bull, accompagnant le style de Travis Rice. Installez-vous confortablement et préparez-vous à prendre une bonne grosse claque visuelle !

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Après 5 ans de cavale autours du globe, Travis Rice considéré à juste titre comme un des meilleurs riders-snowboarder actuel au monde, nous revient avec un nouveau documentaire autocentré, produit par le géant médiatique Red Bull.

The Fourth Phase se pose donc comme le troisième opus de ce qui pourrait s’apparenter à une trilogie, après le fabuleux The Art of Flight apparu en 2011 et les « premiers » pas dans That’s It That’s All de 2008 (premier pas c’est vite dit vu la carrière du personnage).

J’étais à l’origine parti pour faire la critique de ce nouvel opus, mais, comme expliqué en intro, The Art of Flight est passé par là avant, et je ne pourrai m’empêcher de comparer et de faire des liens entre les 2 œuvres, je vais donc parler des 3 films afin de ne pas faire de jaloux et de vous proposer l’expérience la plus optimale possible.

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Contrairement à ces ainés The Fourth Phase se pose davantage de questions. Travis Rice atteins la maturité et cherche à comprendre l’origine et le fonctionnement de l’élément qui constitue l’intégralité de sa vie : l’eau.

Ainsi au travers d’un immense voyage autour de la planète il va chercher à en remonter le fil, comprendre ces 3 états (liquide, solide, gazeux) et tenter d’expliquer ce qu’il appelle « la 4ème phase », représentation plus ou moins mystique allant au-delà du concret et de la science cadrée pour s’approcher des sensations et du ressenti.

Voilà donc le prétexte du film.

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Si le fil de l’eau est aisé à suivre, et même très plaisant ; on découvre par exemple la ligne de séparation des eaux entre le pacifique et l’atlantique, ou encore les neiges du Japon qui alimenteront plus tard les précipitations de l’autre bout du monde, le concept de 4ème Phase l’est beaucoup moins.

On n’obtient finalement ni la réponse ni les explications à ce qui se veut le cœur du film, et même si cela semble bien volontaire, le propos n’est pas si transcendant que souhaité…

Sans vouloir faire de jugement hâtif, je pense que si l’on n’est pas un écolo-artiste dans l’âme (je donne volontairement un gros cliché, je ne juge pas ici ceux ayant apprécié et saisi le propos) il sera difficile de se sentir pleinement impliqué dans ce voyage, et je reste pour ma part avec une impression de « … mouais… ok… et c’est tout ? »  Bref un goût d’inachevé, et c’est bien là le 1er problème de film.

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Histoire d’évacuer les points gênants de suite, passons directement au second problème de The Fourth Phase : la chose la plus agaçante de ce long-métrage, et Dieu sait si elle est agaçante : la propension à l’autocongratulation que possède désormais Rice, et le véritable culte de la personnalité que lui vouent ses congénères.

Le film passe sa 1ère partie à nous montrer des amis du riders dire sur un air philosophique « Travis est incroyable », « Travis repousse ses limites »,  « Travis vit les choses à fonds », « Travis ne s’arrête jamais », « Travis n’a peur que de l’échec », « Travis veut toujours aller plus loin »…ect…

Toutes ces choses sont vraies et évidentes, mais il est absolument inutile de nous les infliger par la parole alors que les images subliment les faits (sans mauvais jeu de mot pour ceux qui suivent^^).

C’est comme raconter une bonne blague… puis l’expliquer, puis demander si on l’a trouvé drôle, puis la réexpliquer des fois que, puis demander si on est certain de l’avoir bien comprise :

C’est désespérant, lourd, indigeste, et cela gâche ce qui a la base était un (très) bon moment.

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Ceci étant dit, passons aux choses agréables, on est quand même venu pour ça me direz-vous ! Et, si vous avez passé avec succès le précédent pavé et que vous avez tenu jusqu’ici, vous avez bien fait !

The Fourth Phase nous emmène dans des paysages magnifiques, l’homme connait sa technique sur le bout des doigts, et Brainfarm sait comment filmer le tout, ça ne fait plus aucun doute.

L’intro commence en douceur (pour ne pas dire, de manière décevante) par le Wyoming natal de Rice au cours d’une session backcountry, mais décolle rapidement, avec des allers-retours entre l’Alaska sur l’impressionnant glacier « So Far Gone » neige immaculée, ciel bleu uni, et les expéditions sur les somptueuses îles et montagnes Japonaises, tempêtes de neige dans les forêts mystérieuses et session de surf par -40°c.

Le film nous dépayse bien plus que ces prédécesseurs, porté par la volonté d’exploration de ses acteurs on découvre des coins du monde insoupçonnés et la nature se montre sous son meilleur jour, belle mais intransigeante.

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Effectivement la beauté de la séquence filmée au Japon va radicalement trancher avec la suite des événements, Travis Rice va être victime d’une mauvaise chute (qui aurait certainement tuée n’importe quelle personne normalement constituée). Et, bien soucieux de conserver son image de tête brulée, il remonte un an plus tard sur la planche… et se casse à nouveau la figure… et c’est là, alors que le dénouement du film approche que l’on comprend le sous-propos.

J’ai souvenir, je crois, du film de VTT « New World Disorder 9 » dans lequel le jeune Andrew Lacondeguy, jeune prodige du milieu à l’époque, expliquait que le public en voulait toujours plus, alors qu’il y a quelques années un backflip impressionnait, aujourd’hui (en 2009) le double backflip est devenu la norme et il faut l’assortir d’un tailwhip ou pousser jusqu’au triple back pour décrocher de bonnes notes en compétitions ou faire des vues sur ses vidéos…

Travis Rice dans le snowboard est l’exemple même de ce système mais de par la quasi-perfection de sa technique, s’est entrainé tout seul dans sa chute. The Art of Flight a laissé une marque indélébile dans le milieu. Je ne suis pas un grand connaisseur, mais ce film dépassait de très loin le haut du panier. On peut toujours faire mieux que le mieux, mais, la perfection étant inaccessible, la limite à se fixer est celle du corps humain. Au profit de son plaisir, Travis Rice l’a délaissé un temps, la fin du film nous fait supposer qu’il a désormais changé d’état d’esprit pour son bien-être. Souhaitons-lui une bonne « retraite » et, s’étant orienté vers la voile, « bon vent » !

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Ce constat étant fait, The Fourth Phase se clôture un peu trop tôt à mon goût, je ne peux le cacher. Entre les séquences de préparations aux expéditions, les phases explicatives sur l’eau, et les chutes finales, le snowboard pur et dur conserve difficilement une place de choix dans le film. Ce dernier n’en reste pas moins magnifique et accompagnée d’une excellente bande son, bien que, comme le reste du film, plus calme et réfléchie que ses prédécesseurs.

Ce qui m’amène à parler de ces derniers.

Je ferais court : chronologiquement : je recommanderai en 1er lieu The Art of Flight, suivie de The Fourth Phase, afin de terminer, pour ceux souhaitant le digestif après cette abrupte fin, par That’s It That’s All.

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Le 1er film (That’s It That’s All) aussi bon soit-il hérite des défauts de jeunesse de la production. L’image est moins nette, les plans plus brouillons, la bande son moins sélective (on balance du rock un peu gras sur des gros plans… certains aiment, je trouve que cela fait cheap… si tant est que Red Bull puisse paraitre cheap ^^). Travis Rice qui y fait ses 1ers pas en tant que « meneur » du film, nous présente donc sa bande de potes, ses spots et ses aspirations. Un bon buddy movie en soit manquant un tantinet d’expérience.

Terminez par celui-ci, si vous souhaitez poursuivre l’aventure et découvrir les origines. Je recommande fortement la scène totalement WTF de la fabrication des planches de snow.

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Le 2nd film The Art of Flight, est l’apothéose, l’apogée, le sommet de l’art du snowboard. Je me répète certes, mais c’est par ce qu’il le vaut bien. Tout y est parfait, ni plus ni moins. Le film commence par une intro ultra stylisée, débouchant directement sur un lâcher d’hélicoptère sur les glaciers d’Alaska. En 10 minutes il a révolutionné tout ce que j’avais pu voir de vidéos sportives, de la petite vidéo YouTube au film pro…

Il y en a pour tous les goûts les séquences s’enchainent, hors-pistes en pleine montagne, snowpark en grosse station, backcountry entre pote et freeride, lifestyle, vie de chalet, motoneige, reconnaissance… même les séquences d’hélicoptères ou de voiture sont intéressantes.

Idem pour la bande son, de l’électro atmosphérique de M83 au métal qui tache en passant par la grosse électro agressive de Justice vous serez transporté du début à la fin.

Sans réel propos, il se révèle un peu moins bête et méchant que That’s It That’s All, et nous emmène dans un tour du globe qui fait tout de même prendre conscience de certaines réalités écologiques et géopolitiques.

C’est LE film à voir, et pas besoin d’être snowboardeur ou skieur pour apprécier.

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Pour la suite, vous connaissez désormais mon avis sur The Fourth Phase, qui, sans atteindre son ainé reste, malgré ses défauts, un excellent film et un petit documentaire sympathique en clôture d’une magistrale œuvre.

 

EN BREF :

***

The Fourth Phase

De : Red Bull Media House, Brainfarm, Quicksilver,

Avec : Travis Rice, Victor Delarue…

Sortie le : 3 octobre 2016

Snowboard, documentaire, biographie.

Disponible en Blu-Ray, DVD et VOD ou coffret 2 films

***

The Art of Flight

Sortie en 2011

Disponible en BR, BR 3D, BR Steelbook, DVD et VOD

***

That’s It, That’s All

Sortie en 2008

Disponible en Blu-Ray, DVD et VOD ou coffret

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3 réflexions sur “[Blu-Ray] The Fourth Phase

  1. Excellent ! J’ai adoré The Art of Flight (grâce à toi d’ailleurs et je t’en remercie vraiment) ! Je regarderai la suite à coup sûr ! En plus ça tombe bien, je suis une « écolo-artiste » 😉 Par contre je n’apprécie pas le nombrilisme et si Travis Rice se fait des fleurs ça va un peu me saouler à la longue. De l’autopromotion pourquoi pas, mais faut pas qu’il oublie qu’il sera toujours dans l’ombre de mon idole Shaun White et du mythique Terje Haakonsen par exemple 😉 En tout cas, les plans ont toujours l’air aussi spectaculaires et si le film est un peu plus profond que The Art of Flight ça me convient (je l’avais trouvé très superficiel par moment). Merci pour ta critique qui m’a l’air en tout cas très objective 😉 Bises

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    • Ah ben le nouveau est beaucoup moins superficiel ^^
      Pour le nombrilisme, disons que la faute reviens plus a ses potes qu’a lui, d’une part, et d’autre part, quand on arrive a la fin du film on relativise tu verras 😉
      Bah de rien. Je ne sais pas si elle est objective, mais si tu veux je ne serai pas contre ton retour histoire de comparer nos avis !

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  2. […] ai fait une review ici, et, pour ceux étant passé à côté, je recommande fortement ces 2 documentaires sur le […]

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